|
Il est, dans la littérature,
bien des figures au miroir desquelles l'homme peut tenter de comprendre
sa condition et déchiffrer son destin.
Il en est peu qui ait le relief de
Job et son intensité car de ce poème monte la voix étonnante
de la créature au bord du désespoir, mais dans une confiance
maintenue sans limite. Dans une détresse qui brise la résistance
humaine, mettant à nu sa fragilité, et dans une espérance
qui la maintient tendue au dessus de l'abîme du désespoir.
C'est là que Job se tient,
à la jointure de la détresse extrême et de la démesure
de l'espérance. Et c'est de là que nous advient sa parole,
insolite et familière. Insolite par le caractère abrupt
de son propos et par l'acuité du regard qui nous découvre
notre condition d'homme. Familière parce qu'elle nous parle sur
un ton si juste de la détresse qui étreint la créature.
Insolite par la violence de son espérance, familière par
le ton avec lequel elle la laisse s'exprimer.
En cela Job est, tout à la
fois, notre frère en humanité et notre compagnon d'espérance.
Le Livre de Job est le poème de l'espérance.
L'intention de ces pages n'est pas
de proposer une nouvelle exégèse de ce livre mais, tout
simplement, de se tenir au plus près de cette voix pour entendre
ce qu'elle nous dit de notre condition d'homme.
Editions
du Cerf
Paris, 2001, 193 pages
Ouvrage traduit en polonais |
|