|
Nulle réalité du monde
n'est plus familière à l'homme que l'homme, de tous les
vivants le plus proche de lui-même puisque capable de se penser
et de se dire et toujours en souci de soi. Une familiarité évidente
à l'existant préoccupé de souligner sa spécificité
tant à l'endroit des autres vivants que de ses semblables et pourtant
l'évidence demeure si peu sûre de sa prétention qu'elle
ne parvient jamais à faire taire, en elle, l'interrogation au sujet
de l'identité de celui qui s'affirme comme un homme.
L'être humain demeure problématique
à lui-même et ce non pas dans son action ni dans le fonctionnement
de son intellect ni même dans le tumulte de ses passions individuelles
et collectives mais par le caractère incertain de son destin. Vivre
est être confronté à la mort, son échéance
ultime comme, également, au chaos que chaque homme porte en lui-même.
De ce fait, il ne peut éprouver sa propre vie que sous le signe
de la précarité, en une interrogation rendue d'autant plus
aiguë que l'existence prend une conscience plus vive de sa singularité
propre.
Le point central de la question sur
l'homme a donc son centre de gravité en cette contradiction qui
le constitue ainsi qu'il est. Aussi, l'être humain ne peut-il être
rencontré que dans cet entre-deux où la force de sa prétention
demeure inséparable de la précarité de son être
dans la vie.
|