|
L'ALEPH
n°5, De Mémoire...
|
|
________Edito________ |
|
(Par
S. Pawloff)
|
|
De mémoire puisque enfin loubli ne saurait ni se charger de limpératif en négation - noublie pas -, ni dune frivolité fuyant quelque nécessaire responsabilité - exit la mémoire ! Cest dire que toute mémoire nest pas opérante, et que loubli est condition nécessaire à la vie. Mais les auteurs de ce numéro auraient pu sen tenir là, à faire jouer des couples dopposition dans leur seule dualité : mémoire / oubli, particulier / universel, sujet / communauté, écriture / oralité, Histoire / histoires Histoire de durcir les positions pour nen faire que rivalité ou prétention au monopole de la vérité. Ils ont fourni un effort de plus : quils en soient vivement remerciés. Si,
fidèle à sa visée - la transdisciplinarité,
entendue comme émergence de questions inédites et universelles -,
L'ALEPH aura finalement construit ce numéro sur une trajectoire
repérable, au fil des articles, par une aire d'interrogations à
propos de la mémoire, de loubli, de lhistoire, de la
transmission, du politique et de l'éthique, on pourra peut-être
y déceler une géographie de la pensée articulée
à une topologie du questionnement. En effet, de la Grèce
Antique à l"indianité", du pays de lintime
aux Etats-Unis, de Cuba à lhabitat du langage en passant
par lEurope religieuse, cest bien "un souci de mémoire"
qui travaille aux textes, qui cherche à extraire lécriture
ou la ré-écriture des sujets et de leur(s) communauté(s)
dans lHistoire, peut-être plutôt leur histoire, et aussi
dans toutes leurs "petites histoires" qui fort heureusement
n'ont pas été sacrifiées à l'aporie d'une
Histoire Absolue. Il aura fallu se risquer au détour et faire sonner
les combinaisons. Nous sommes lhistoire, nous sommes dans lhistoire,
"nous" : somme lHistoire, et nous la faisons. Dire, raconter,
préciser, décrire
pour transmettre. Enfin s'efforcer.
Mais transmettre quoi ? A la charge et à la liberté du lecteur
de répondre ou non à une telle question. Si lecteur il fut,
nous admettrons quau moins cette question ne saura rester radicalement
lettre morte. Et il entrera un temps soit peu dans l'histoire de L'ALEPH,
de l'avoir fait vivre, sans loublier ni la nier, comme chacun nex-iste
que dans un rapport à lautre. Discrètement
|
| __________________ © L'Aleph, 1998-2003 |