L'ALEPH n°10, Lieux et Non-Lieux d'Ecriture

________Edito________
(Par O. Gérard)


    
L
'Aleph
, ce lieu où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l’univers, vu sous tous les angles… L’Aleph, cette revue qui, il y a peu, interrogeait Internet - cet autre lieu insaisissable qui donne à voir, à lire, à écrire… -, s’attache aujourd’hui aux Lieux et Non-Lieux d’Ecriture.
      Ces lieux qui, par leur présence ou leur absence, inspirent, aspirent parfois, auteurs et lecteurs. Ceux qui imprègnent ces pages, et évoquent ainsi paysages connus ou inconnus, réels ou imaginaires… et contribuent à créer l’atmosphère d’une œuvre - Pessoa et Lisbonne. Ces lieux encore, qui transpirent de la langue : mémoire en marche, histoire indélébile scandant l’écriture - Salager. Ceux-là aussi, que l’on a quittés, ou que l’on n’a jamais connus mais dont notre mémoire est marquée - « régions mentales » auxquelles nous sommes liés - Baldwin. Il y a ces autres lieux, encore, ceux de l’exil, parfois volontaire, lieux perdus que l’on ne cherche plus, jeu de l’apatride qui veut tout perdre pour mieux ne rien trouver - Cioran.
    Car de lieux en non-lieux, l’écriture sème et laisse des traces : retour, observation-contemplation, retranscription, échappatoire, contingence ou encore source vitale, force d’évocation… Ces lieux dont la magie ou la désolation poussent l’auteur à vouloir les faire partager… ceux qui symbolisent le manque : nostalgie. Ceux-là, aussi, dont on tente de s’extraire, ceux que l’on refuse au nom de l’absolu et ces autres, indispensables, qui n’apparaissent pas, ou si peu, mais qui pourtant ne peuvent ne pas être là : condition de cette mise en mots, images… autant de nuances qui mettent en exergue cette inévitable contingence géographique, de toutes les géographies, du souvenir, du rêve, de la langue, de l’exil, de l’absence…
    C’est donc à un court voyage au cœur de cette impossible topographie que L’Aleph vous convie, des rues de Lisbonne chères à Pessoa aux paysages de Mingarelli, des « régions mentales » de Baldwin à l’exil tout particulier de Cioran, du nomadisme hétérotopique d’Ishiguro aux désirs de mots d’Annie Salager, ceux-là « qui nous disent, nous créent », sans oublier de faire halte sur cette lettre ouverte à Patrick Laupin...


< Fermer la fenêtre >


Sommaire
/
Home Page
__________________
© L'Aleph, 1998-2003