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L'Aleph,
ce lieu où se trouvent, sans se confondre, tous les lieux de l’univers,
vu sous tous les angles… L’Aleph, cette revue qui,
il y a peu, interrogeait Internet - cet autre lieu insaisissable qui donne
à voir, à lire, à écrire… -, s’attache
aujourd’hui aux Lieux et Non-Lieux d’Ecriture.
Ces
lieux qui, par leur présence ou leur absence, inspirent, aspirent
parfois, auteurs et lecteurs. Ceux qui imprègnent ces pages, et
évoquent ainsi paysages connus ou inconnus, réels ou imaginaires…
et contribuent à créer l’atmosphère d’une
œuvre - Pessoa et Lisbonne. Ces lieux encore, qui transpirent
de la langue : mémoire en marche, histoire indélébile
scandant l’écriture - Salager. Ceux-là aussi,
que l’on a quittés, ou que l’on n’a jamais connus
mais dont notre mémoire est marquée - « régions
mentales » auxquelles nous sommes liés - Baldwin.
Il y a ces autres lieux, encore, ceux de l’exil, parfois volontaire,
lieux perdus que l’on ne cherche plus, jeu de l’apatride qui
veut tout perdre pour mieux ne rien trouver - Cioran.
Car
de lieux en non-lieux, l’écriture sème et laisse des
traces : retour, observation-contemplation, retranscription, échappatoire,
contingence ou encore source vitale, force d’évocation…
Ces lieux dont la magie ou la désolation poussent l’auteur
à vouloir les faire partager… ceux qui symbolisent le manque
: nostalgie. Ceux-là, aussi, dont on tente de s’extraire,
ceux que l’on refuse au nom de l’absolu et ces autres, indispensables,
qui n’apparaissent pas, ou si peu, mais qui pourtant ne peuvent
ne pas être là : condition de cette mise en mots, images…
autant de nuances qui mettent en exergue cette inévitable contingence
géographique, de toutes les géographies, du souvenir, du
rêve, de la langue, de l’exil, de l’absence…
C’est
donc à un court voyage au cœur de cette impossible topographie
que L’Aleph vous convie, des rues de Lisbonne chères
à Pessoa aux paysages de Mingarelli, des « régions
mentales » de Baldwin à l’exil tout particulier de
Cioran, du nomadisme hétérotopique d’Ishiguro
aux désirs de mots d’Annie Salager, ceux-là «
qui nous disent, nous créent », sans oublier de faire halte
sur cette lettre ouverte à Patrick Laupin...
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