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Artguments
II peut se lire comme continuation-explicitation
d'un thème déjà en travail dans le numéro
précédent Artguments I : le point de vue artistique.
Le
point de vue pourrait se définir ici comme lieu d'où montrer-voir
pour dire (ou pas)
Ce que les uvres-de-l'art pourraient alors
proposer consisterait en des points de vue d'un type particulier, forgés
doublement, en deux lieux et en deux temps, versant artiste et versant
spectateur. A la différence des points de vue savants qui, eux,
s'attacheraient fondamentalement à comprendre ou expliquer des
objets du réel et leurs logiques, les points de vue artistiques
créés par et dans les oeuvres-de-l'art produiraient d'abord
du montrer-voir, au lieu du plus intime et du plus social. Que du dire
puisse s'articuler au montrer-voir fonderait du lien, indirect ou direct.
L'art, ça ferait montrer-voir et ça ferait parler, l'art
ça ferait lien sur fond de rien, c'est-à-dire de trou dans
le représentable. Mais l'art ferait-il également rencontre,
à l'occasion, autour de quelques unes de ses uvres-points-de-vue
?
C'est
là le pari de L'ALEPH avec ses deux numéros Artguments
qui furent pensés et réalisés en vue d'un passage
du texte à l'événement. Passage d'un dispositif d'énoncés-images
- la revue - à un dispositif de présences dialogiques
- l'exposition "Artguments".
Qu'entendre
par événement défini comme "présences
dialogiques" autour d'uvres-de-l'art ? Simplement l'incertain
et l'inédit caractéristiques de toute rencontre réelle
où le média - un texte, un tableau, une photo, une performance
- se voit inclus dans un procès de négociation permanente
du fait d'un "droit de réponse" et d'une "mise en
présence", d'une possibilité quasi-immédiate
à la confrontation à d'autres points de vue. Evidemment,
la certaine tranquillité de l'écrit, du dit, du montré
et du lu ne pourra probablement qu'être troublée - d'un trouble
porteur - par la négociation. L'événement "Artguments"
comme pratique de la négociation esthétique
Que
le trouble vienne des arts ne fut pas pour nous déplaire. Qu'il
ait pu venir en particulier des arts - en textes, en images et en actes
- tiendrait à la nature de l'acte de création et aux fonctions
de l'art dans notre modernité occidentale.
Souhaitons
qu'un troisième temps advienne, un temps de retour au média
mais différemment. Retour aux médias : en un mot, retour
à la revue, mais aussi aux uvres des artistes présentés,
à d'autres uvres et à d'autres textes-images également.
Reste
une question : ce troisième temps serait-il, sera-t-il le dernier
? Ou se constituera-t-il comme ouvert
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